Le premier imagier tahitien aura une suite… et une adaptation audiovisuelle

Ok personne n’est parfait. Mais il y a quand même des gens qui sont un peu au-dessus de la moyenne, on ne va pas se le cacher. Heiura Itae-Tetaa par exemple. Cette femme fait mille choses dans sa vie. Y compris être une super maman, entendons nous bien. Animatrice TV, auto-entrepreneuse, elle est aussi récemment devenue auteure.

Heiura est à l’origine du premier imagier tahitien made in fenua. « Comme tout ce que je fais à Speak Tahiti-Paraparau Tahiti (sa start-up, NDLR) vraiment, c’est inspiré de Faimano », me dit Heiura l’air sérieux. Sa fille est son inspiration la plus grande. Heiura adore lire et depuis que Faimano sait tenir un livre, sa maman l’a abonnée à tout un tas de magazines pour enfants : « Récemment je l’ai abonnée à Pandacraft. Elle était abonnée à Babar pendant un an… Enfin tous les ans elle est abonnée à plein de choses parce que moi je ne voudrai pas que ma fille n’aime pas lire. C’est un truc qui m’a toujours obsédée et encore aujourd’hui. Et l’imagier est arrivé au moment où je me suis dit : tiens je suis contente d’acheter Babar, mais j’aimerai bien acheter des trucs locaux avec des histoires. Donc, en fait je lui ai acheté quasiment tout. Toutes les histoires des éditions qui sont spécialisées en local sur des histoires qui se passent à Tahiti. Et, je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas d’imagier. »

Heiura a donc décidé, au travers de sa start-up Speak Tahiti– Paraparau Tahiti, de créer l’imagier de ses rêves. « En fait, c’est arrivé en septembre, juste l’idée. Et je l’ai fait en deux mois. En gros, j’avais déjà l’histoire dans ma tête. C’est-à-dire que je me suis inspirée de ce que je voyais ou de ce que j’avais envie que les enfants puissent avoir comme vocabulaire. C’est pour ça que les chapitres sont vraiment des chapitres du quotidien. L’alphabet évidemment, les chiffres, les couleurs, les animaux, la famille, etc. »

Un imagier oui, mais pas seulement. Heiura a aussi enregistré des sons. Ils sont accessibles sur Internet, grâce à un Qr code inscrit dans le livre. Un imagier 2.0 quoi… En plus du vocabulaire, les enfants peuvent donc écouter la (bonne) prononciation des mots et suivre l’histoire qui leur est contée. « Les gens quand ils ont l’imagier, ils entendent les histoires : la grand-mère qui emmène les enfants au marché, le tonton qui leur apprend à dire les parties de leurs corps, des choses comme ça. Et donc on est entrés en studio, ça a duré une journée, on a tout enregistré (…) À côté de ça je me suis dit ‘c’est dommage, il n’y a pas de musique’. Donc j’ai fait appel à une amie qui est psychologue, qui est une excellente pianiste, et qui m’a créé 12 morceaux, et je n’en ai utilisé que 11. En deux mois c’était plié. »

En tout, le projet mené par Heiura a rassemblé une dizaine de personnes, de l’écriture, aux illustrations en passant par l’enregistrement des sons. Les dessins sont signés Vashee, nom d’artiste de Cédric Doom.

Un imagier qui rassemble plus de 200 mots, avec du son, de belles illustrations… Heiura aurait pu s’arrêter là. Mais non. Quatre (oui 4) autres tomes sont en préparation… Attention, spoiler ! « Il y aura 5 tomes parce qu’en fait Vai et Tama vont grandir. Dans le tome 2, Vai et Tama partent en vacances. Ce sera le prétexte pour qu’ils partent dans les îles, dans les différents archipels. À partir du tome 2, on va lire et entendre des mots des archipels : Australes, Tuamotu, Gambier, Marquises. Dans le tome 3, Vai et Tama sont encore un peu plus grands et ils vont faire leurs études. Là, ce sera le prétexte pour parler de voyages, de leurs formations. Ils vont vivre leur vie de jeunes adultes. Et ensuite, Vai et Tama reviennent au fenua, à Tahiti. Et là, la sœur et le frères Vai et Tama sont vont devenir parents donc ce sera une thématique autour de la parentalité. Et enfin, Vai et Tama, au 5e tome, sont âgés. On aura des thématiques encore personnelles autour de la mort par exemple. »

Et les personnages devraient aussi bientôt prendre vie à l’écran. Heiura et son équipe ont lancé un casting pour la réalisation d’une mini-série : « On est en train de caster les gens. On caste plusieurs profils : les deux héros principaux, Vai et Tama. On va caster des adultes aussi qui vont jouer les rôles soit du grand-père ou de la grand-mère ou de l’oncle, de la mère etc. On est en plein casting pour trouver les gens, les lieux aussi et pour un tournage qui va durer normalement 12 jours, 1 jour par épisode et c’est beaucoup beaucoup de travail qui nous attend. »

Et croyez moi, cette fille a encore plein d’idées qui ne demandent qu’à être réalisées. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Heiura !

En attendant, l’imagier est dispo en version papier mais aussi en ligne (2.0 on vous dit !) ICI

Publié par M.

Maman, journaliste, à Tahiti

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