Yepo : « mes parents nous ont appris à vivre dans la simplicité »

-VOS HISTOIRES People- Elle a remporté le Tahiti Comedy Show en 2017 et, depuis, Yepo s’impose sur la scène polynésienne. Sur les planches, en télé, elle est partout et déborde d’énergie. Mais celle qui fait rire les Polynésiens n’a pas toujours eu une enfance facile. Yepo partage avec nous ces quelques souvenirs d’enfance :

« Avec mes parents et ma petite sœur, nous avons vécu sur une petite île appelée Ahe. Je devais avoir 2 ou 3 ans, mes parents travaillaient dans une ferme perlière et nous ne manquions de rien. Papa allait pêcher et ramenait du poisson…

Je me souviens encore des bains dans la mer au coucher du soleil… J’aimais ramasser les coquillages blancs sur le bord de la plage, sous le regard bienveillant de ma maman ❤

Les années sont passées et bien sûr est arrivé le moment d’aller à l’école. Je n’avais pas le souvenir d’avoir été séparée longtemps de mes parents. Mais ça a été le cas…

Mes parents travaillaient encore à Ahe et je suis restée avec ma grand-mère à Tahiti, jusqu’à ce que mes parents décident de revenir définitivement.

J’ai grandi dans la commune de Paea, à Aou’a et Orofero. Je n’ai pas grandi avec une cuillère en OR dans la bouche, mais je sais que mes parents se sont toujours débrouillés pour que l’on soit bien. Mon père a enchaîné les petits boulots et maman s’occupait de nous et la maison. La vie n’était pas rose tous les jours.

Nous avons connu la joie en famille bien sûr mais aussi les moments de galère… Un souvenir me revient en écrivant ce texte. Je devais être au lycée quand ça s’est passé. Mon papa avait perdu son travail et maman gardait des enfants à la maison. Elle a économisé pour acheter une pirogue à mon papa pour qu’il aille à la pêche et nous ramène du poisson et tout simplement à manger…

Quand il n’était pas à la pêche, papa laissait sa pirogue flotter au bord de l’eau accrochée sur un morceau de corail.
Un jour, la houle s’est levée d’un coup et, malheureusement, la pirogue de papa s’est cassée. Impossible de la réparer… La seule solution était d’en acheter une autre mais faute de moyen, maman ne pouvait pas se permettre d’en acheter une autre…

Les jours ont passé. Plus de pirogue, plus de moyen d’avoir à manger sur notre table. Et ce jour sombre est arrivé : plus de pain, même pas du maquereau en boîte pour manger. Ce jour-là, j’ai vu mon papa et ma maman pleurer… Plus rien dans le garde-manger si ce n’est un paquet de sucre… Mais qui va manger du sucre comme ça ? On aurait pu faire du pain avec du coco mais nous n’avions même pas de farine. Il nous restait du sucre et des goyaves sur notre arbre. Le cœur brisé de voir mes parents pleurer, je suis allée à côté de ma maman et j’ai pleuré avec elle pendant un moment puis je me suis ressaisie, j’ai regardé ma maman, et je lui ai dit : ‘On va arrêter de pleurer et on va vendre de la confiture à la goyave !’

Maman trouva la force nécessaire pour se relever et je suis allée dans la montagne pour chercher du bois, parce qu’il fallait cuire la confiture dans un récipient sur le barbecue car nous n’avions plus de gaz… J’ai réuni le maximum de bois, j’ai aidé ma maman à cueillir et éplucher les goyaves et elle a préparé la confiture au feu de bois.

Ensemble, nous avons réuni le maximum de bocaux vides pour les nettoyer. J’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée vendre les confitures de maman dans notre quartier. Nous avons eu assez d’argent pour nous payer à manger le soir même. Cette situation a duré 1 semaine et papa a retrouvé un travail.

Cette expérience m’a appris qu’il ne faut pas s’apitoyer sur son sort. Nous vivons des moments difficiles dans notre vie. L’important c’est de se relever même quand tout semble s’effondrer autour de nous.

À partir de ce jour, je me suis promis de ne plus revivre la même expérience ! Je garde un 100 Fcfp avec moi… et je ne le dépense pas ! Comme un souvenir de cette expérience…

Je retiens de mes parents leur dur labeur pour nous offrir le strict minimum : une maison, la valeur du travail, la persévérance et la force d’affronter les difficultés.

Ils nous ont appris à vivre dans la simplicité des choses. Quand d’autres avaient des disc-men, nos parents jouaient à pré-tapo avec nous. Quand les autres allaient au concert de Lorie, ils nous amenaient faire un tour en pirogue au récif… Et même s’ils ne pouvaient pas nous payer ces choses, ils nous ont créé des souvenirs que jamais je n’oublierai.

Humblement je le dis, auparavant je n’assistais pas aux concertx, mais aujourd’hui je suis sur scène et c’est une belle victoire ! Je remercie mes parents pour ces souvenirs. Ils ne sont pas parfaits mais je sais que je peux compter sur eux… « 

Publié par M.

Maman, journaliste, à Tahiti

Un avis sur « Yepo : « mes parents nous ont appris à vivre dans la simplicité » »

  1. Qu’elle triste histoire yépo mais une vie simple est meilleur,j’ai vécu sa avc mes parents et moi en tant que mère maintenant de 6 enfants je vis la même chose,il y a des moment très difficile ds la vie,je pleure en moi ss montré à mes enfants mais moi et mn mari on se relève et on prie et on avance petit à petit malgré tout on ne lâche pas on tient la barre de fer,nous vivons une vie simple et nous apprenons à nos enfants de vivre simple et de se contenter de se qu’on a,belle histoire yépo ça ma vraiment touché,au moins merci père céleste pr le souffle de vie et pr tout.

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