Enceinte à 20 ans, le témoignage de Tiani

-VOS HISTOIRES- Tiani est tombée enceinte lorsqu’elle avait 20 ans. Toute jeune, elle s’imaginait alors vivre une grossesse parfaite. Aujourd’hui, après une grossesse bien loin de ce qu’elle imaginait, elle estime que la parole des femmes n’est pas assez libérée sur le sujet. Elle a souhaité partager son expérience.

Nous avons toutes rêvé de ce que serait un jour notre grossesse. J’imaginais un long fleuve tranquille où je pourrais naviguer tout en me gavant de donuts sans culpabiliser et accoucher en 4 heures top chrono. Mais en fait tout s’est passé bien autrement et je pense qu’il est important de libérer la parole des femmes pour qu’on sache mieux à quoi s’attendre.

 Je suis jeune et j’ai eu l’immense bonheur d’accueillir un petit être en mars 2018. Mais être enceinte à 20 ans ce n’est pas toujours évident. J’ai eu l’impression de devoir me justifier sur mon choix d’être maman, sur la légitimité de cette grossesse et j’ai eu l’impression d’être relayée au second plan par le personnel médical comme si mon avis comptait moins, comme si mes inquiétudes pesaient moins, que j’en faisais trop.

Je n’ai pas pu mener la grossesse de mes rêves. Ça a même été le contraire entre les vomissements toute la journée, une prise de poids arrivée d’un coup à partir du sixième mois et surtout la peur et l’angoisse que j’ai ressentie quand mon fils à failli naître à 29 semaines de grossesse. Ma grossesse à été un combat pour que mon bébé puisse rester et grandir en moi jusqu’à la fin.

J’oscillai entre angoisse et bonheur.  Je suis restée comme en apnée et le jour où il est enfin né, à terme, j’ai pu un peu reprendre mon souffle malgré la douleur.

S’en est suivi un nouveau combat pour nous : bébé a dû être hospitalisé en néonatologie pour insuffisance respiratoire. J’ai encore le souvenir de ces journées et nuits rythmées par le son des machines, les allées et venues du personnel et l’odeur si spéciale de ce service où la vie vient de fleurir mais ou tout semble être en suspens.

Nous sommes finalement rentrés à trois dix jours plus tard. C’était comme si ce jour là mon fils était né une deuxième fois.

Il est toujours légitime de s’inquiéter et de s’interroger et le personnel soignant doit pouvoir être là sans jugement et a priori. Nous n’avons pas toutes les mêmes histoires mais chacune mérite d’être entendue, chacune mérite d’enfanter en sérénité et notre voix compte. Je ne suis pas née mère, je le deviens au fil du temps et des liens que je tisse avec mon fils au-delà des nuits hachées, du deuil d’une maternité parfaite. Au-delà des déceptions, des colères, des rejets.
L’univers m’a choisie pour accomplir cette mission et je le ferai du mieux que je peux avec le plus de bienveillance et de gratitude.

Publié par M.

Maman, journaliste, à Tahiti

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