Unatea, maman aux Australes

-VOS HISTOIRES- Unatea a grandi aux Australes, sur l’île de Rurutu. Et c’est là-bas aussi, qu’elle a vécu ses deux grossesses. Être enceinte dans les îles, ça ne se passe pas exactement comme à Tahiti. Rurutu ne dispose que d’un dispensaire. «Dans les iles c’est plus complexe, il faut que nous soyons suivies et si besoin nous envoyer à Papeete de suite (…) »

Une sage-femme vient régulièrement de Papeete avec un gynécologue. « On a notre visite sage-femme tous les mois et pour l’accouchement on nous envoie à Papeete au 8e mois. (…) Des fois on nous envoie à Papeete faire certaines échographies », raconte la jeune maman.  La Caisse de prévoyance sociale prend en charge ces déplacements.

Comme toutes les mamans, Unatea ne savait pas vraiment à quoi s’attendre la première fois. « J’ai eu plus de stress pour mon ainé. Je ne savais pas si j’allais tenir, si mon col allait rester fermé jusqu’à terme. »

Finalement, elle dépasse le terme de plusieurs jours. À Tahiti pour l’accouchement, c’est sa maman qui est à ses côtés, son mari n’ayant pu la suivre. « Elle a assisté à tout, se souvient-elle. C’est même elle qui a réceptionné le petit. »

Elle rentre finalement sur son ile après deux mois passés à Tahiti. Il faut alors reprendre le cours de sa vie : «pour l’ainé ça a été dur. il faut s’adapter. Heureusement qu’il y avait maman à côté. Ça a été dur. Il faut reprendre une vie de couple, une vie de famille et en même temps s’occuper d’un petit être qui vient de naître.»

À Rurutu, pas de garderie. Là encore, les proches jouent un rôle important. « On se débrouille avec la famille, les nounous (…) Mon ainé a plus grandi avec sa mamie »

Et une fois plus grands, les enfants ont aussi une vie bien différente de ceux de Tahiti… « Ils ont la liberté. Même à Papeete, ça commence à se perdre. Chez nous, ils sont loin de tout ce qu’il y a ici les cinémas etc. Ils sont encore en train de jouer entre voisins. À Tahiti les enfants réclament parfois Mcdo etc. Chez nous on n’a pas le choix ! Ce qui est bien c’est qu’il y a ce côté familial.
Il n’y a pas longtemps mon fils est allé se promener sur la route. Plusieurs personnes m’ont dit ‘hey on a vu ton fils’. À Tahiti, je ne sais pas ce qui se serait passé »

Enceinte à 20 ans, le témoignage de Tiani

-VOS HISTOIRES- Tiani est tombée enceinte lorsqu’elle avait 20 ans. Toute jeune, elle s’imaginait alors vivre une grossesse parfaite. Aujourd’hui, après une grossesse bien loin de ce qu’elle imaginait, elle estime que la parole des femmes n’est pas assez libérée sur le sujet. Elle a souhaité partager son expérience.

Nous avons toutes rêvé de ce que serait un jour notre grossesse. J’imaginais un long fleuve tranquille où je pourrais naviguer tout en me gavant de donuts sans culpabiliser et accoucher en 4 heures top chrono. Mais en fait tout s’est passé bien autrement et je pense qu’il est important de libérer la parole des femmes pour qu’on sache mieux à quoi s’attendre.

 Je suis jeune et j’ai eu l’immense bonheur d’accueillir un petit être en mars 2018. Mais être enceinte à 20 ans ce n’est pas toujours évident. J’ai eu l’impression de devoir me justifier sur mon choix d’être maman, sur la légitimité de cette grossesse et j’ai eu l’impression d’être relayée au second plan par le personnel médical comme si mon avis comptait moins, comme si mes inquiétudes pesaient moins, que j’en faisais trop.

Je n’ai pas pu mener la grossesse de mes rêves. Ça a même été le contraire entre les vomissements toute la journée, une prise de poids arrivée d’un coup à partir du sixième mois et surtout la peur et l’angoisse que j’ai ressentie quand mon fils à failli naître à 29 semaines de grossesse. Ma grossesse à été un combat pour que mon bébé puisse rester et grandir en moi jusqu’à la fin.

J’oscillai entre angoisse et bonheur.  Je suis restée comme en apnée et le jour où il est enfin né, à terme, j’ai pu un peu reprendre mon souffle malgré la douleur.

S’en est suivi un nouveau combat pour nous : bébé a dû être hospitalisé en néonatologie pour insuffisance respiratoire. J’ai encore le souvenir de ces journées et nuits rythmées par le son des machines, les allées et venues du personnel et l’odeur si spéciale de ce service où la vie vient de fleurir mais ou tout semble être en suspens.

Nous sommes finalement rentrés à trois dix jours plus tard. C’était comme si ce jour là mon fils était né une deuxième fois.

Il est toujours légitime de s’inquiéter et de s’interroger et le personnel soignant doit pouvoir être là sans jugement et a priori. Nous n’avons pas toutes les mêmes histoires mais chacune mérite d’être entendue, chacune mérite d’enfanter en sérénité et notre voix compte. Je ne suis pas née mère, je le deviens au fil du temps et des liens que je tisse avec mon fils au-delà des nuits hachées, du deuil d’une maternité parfaite. Au-delà des déceptions, des colères, des rejets.
L’univers m’a choisie pour accomplir cette mission et je le ferai du mieux que je peux avec le plus de bienveillance et de gratitude.

Ta mère 1/2

Cela fera bientôt deux ans que je suis séparée du père de Mini me. Cet article n’a pas pour objectif de vous détailler le comment du pourquoi cette relation s’est terminée. Chacun fait ses choix et les assume. Quelques fois la vie vous réunit, d’autres fois elle vous sépare. Je vous dirai seulement deux choses :
1. penser à vous ne signifie pas oublier vos enfants.
2. Mieux vaut des parents séparés mais heureux que deux parents malheureux qui se forcent à rester ensemble pour leur progéniture.
C’est mon avis. Rien de plus 🙂

Mais revenons à nos moutons… ou plutôt à nos marmots. Une maman m’a écrit il y a longtemps. Son tane l’avait quittée quelques temps après la naissance de leur Mini. Elle se retrouvait seule à devoir élever un enfant. Pas une semaine sur deux. Mais seule, tout le temps. Si on compatit souvent à la situation de ces parents solo, on n’imagine pas toujours leur quotidien. À moins de le vivre.

Dès votre grossesse, et après la naissance, en couple ou seule, tout un tas de gens se permettent des réflexions, conseils, avis qu’on n’a pas demandé : « Tu devrais allaiter, acheter tel ou tel accessoire, comment ça il ira à la crèche ? Tu n’as pas encore réservé sa place dans telle école ? Tu ne l’as pas encore emmené voir un osthéo ? Tu manges ça !? C’est pas bon pour bébé…. Tu reprends déjà le sport ? (complétez la liste…) »

De quoi vous faire croire que vous êtes ou serez la pire mère du monde, quoi que vous fassiez.

Quand vous vous retrouvez seule, votre sentiment de culpabilité ne cesse pas. Et cette fois vous n’avez même plus besoin des autres : « Est-ce que je vais y arriver seule ? Est-ce que je saurai être l’autorité, la douceur, la sécurité, le réconfort et le partenaire de jeu tout à la fois ? Est-ce qu’il est heureux ? Est-ce que je lui mets assez de limites ? Est-ce que je n’en mets pas trop ? »

Mais vous savez quoi ? Il n’y a pas de mère parfaite. Pas même celle qui a appris trois langues à son gosse, contrôle tout ce qu’il mange et lui a déjà choisi une école, un collège, un lycée et même une université. L’essentiel est de faire de son mieux.

Tout est une histoire d’équilibre. Rien n’est simple mais la parentalité est une belle aventure. À deux ou seul.

Seul(e), bien sûr, des fois, vous aurez envie que quelqu’un vous épaule, aille chercher le petit à l’école, pense aux rendez-vous, aux devoirs, à la préparation de la fête d’anniversaire, ou juste de quelqu’un avec qui partager votre quotidien de parent, pleurer ensemble et rire ensemble. Vous devrez penser à votre travail, votre maison, vous et votre enfant. Quelques fois vous vous sentirez le roi (la reine) du monde, et d’autres fois, vous penserez que vous êtes vraiment nul(le).

Vous trouverez votre maison bien vide quand votre Mini n’est pas là, puis vous apprendrez à profiter de vos instants seul(e), à penser à vous.

Quand il sera de nouveau dans vos bras, une vague d’amour vous envahira, suivie quelque jours plus tard d’une pensée nostalgique et coupable pour vos moments sans personne qui vous réclame, tranquille allongé(e) dans votre lit mangeant des chips devant Netflix sans avoir à préparer un repas équilibré. Et le cycle reprendra. Et ses sourires vous apaiseront. Et le voir grandir sans devenir un psychopathe (enfin en vrai pour l’instant j’en sais rien, le mien n’a que 4 ans) vous rassurera.

Puis viendra peut-être ce moment où vous rencontrerez quelqu’un. De nouveaux critères entreront en ligne de compte. Être calme, attentionné, sportif et intelligent à la fois, ET savoir cuisiner ne suffira plus. Il faudra aussi qu’il (ou elle) aime les enfants. Et votre enfant surtout. Sinon demi-tour. (Et parenthèse : les gars qui draguent en disant ‘ouhhh une maman, ça m’excite !’ C’est quoi votre problème ?! #tindermastuer)
Vous vous demanderez quand et comment le (ou la) présenter à votre progéniture, et si c’est une bonne idée. Et comment réagira votre mini si votre relation ne dure pas ? Et si vous avez un jour un deuxième enfant ?…

En réalité, les questions ne cessent jamais. Suivez votre coeur, faites ce que vous pensez être le mieux pour votre Mini. Respirez et laissez les gens parler. Vous savez. Vous êtes là, vous êtes fort(e).
Et partagez. Les parents n’osent pas toujours parler de ce qui ne va pas. Et pourtant, on a souvent des questionnements communs. Appelez cette amie toujours en couple qui, vous pensez, ne comprendra jamais, cette autre qui galère seule avec son Mini, celle à qui tout semble réussir et celle qui a l’air d’avoir baisser les bras. Partagez, échangez, soutenez, et aimez. Vous n’êtes pas seuls.

Un(e) psychomotricien(ne) à quoi ça sert ?

-LES EXPERTS- Mini me voit régulièrement une psychomotricienne au Centre d’assistance médico-sociale précoce (CAMSp) à Pirae. Très souvent, les enfants nés prématurés comme mon Mini, sont suivis dans ce centre de la direction de la Santé. Il est possible d’y rencontrer d’autres professionnels : neuropédiatre, pédopsychiatre, orthophoniste…

À chaque fois que j’explique à des collègues, amis ou connaissances que mon fils vois une psychomotricienne, j’obtiens la même réaction : « une psycho quoi ? C’est quoi ? Il fait quoi là bas ? » Alors voilà. Quelques questions à la géniale Leslie Pinkham, psychomotricienne du CAMSp. Rien que pour vous :

  • En quoi consiste le métier de psychomotricienne ? 
    « Le travail consiste à favoriser le bon développement psychomoteur, redonner un équilibre psychique et corporel  puis à maintenir cette harmonie tout au long de la vie. Les psychomotriciens exercent sous prescription médicale auprès d’enfants, d’adolescents ou d’adultes et ils commencent par un bilan (comprenant un entretien, des activités dirigées et des tests) pour observer le fonctionnement de la personne, évaluer ses compétences, ses troubles et analyser les origines probables de ses difficultés. »
  • À quel moment et pourquoi est-il utile d’orienter un enfant vers une psychomotricienne ? 
    « Il est nécessaire d’orienter un enfant lorsque le développement psychomoteur ou cet équilibre psychique et corporel est perturbé par un trouble, une maladie, ou un handicap, que ceux-ci soient d’origine physique ou psychique. Le plus tôt est le mieux car il existe une plasticité cérébrale importante au plus jeune âge. »
  • Quels types d’exercice un enfant fait-il avec une psychomotricienne ? Comment se déroule une séance ? 
    « Je propose des activités et des exercices ayant un but éducatif, rééducatif ou thérapeutique. Les séances peuvent être individuelles ou groupales. Le médiateur privilégié avec les enfants est le jeu et il est aussi possible d’utiliser des médiateurs plus spécifiques comme la balnéothérapie, l’équithérapie, la musicothérapie… Les séances se déroulent dans un cadre structurant, contenant et sécurisant. J’instaure une relation de confiance avec l’enfant et le moteur des séances est le plaisir partagé. Aucune séance ne ressemble à une autre même si j’ai en tête les objectifs de la prise en charge, je m’adapte en fonction de la présentation de l’enfant et de son désir spontané. »
  • Qui peut être orienté vers une psychomotricienne du CAMSp ? 
    « Les enfants de 0 à 6 ans ayant des retards ou des troubles du développement. »

Après plusieurs mois de travail avec Leslie, Mini Me a plus d’assurance dans ses déplacements et dans ses relations aux autres, plus d’équilibre et a développé sa motricité fine. Et ses progrès se voient aussi à l’école.

Quelques fois, c’est le pédiatre qui oriente directement l’enfant vers le CAMSp. Et d’autres fois, la demande peut venir de l’établissement scolaire. Le médecin décide ensuite s’il faut envoyer l’enfant rencontrer un(e) psychomotricien(ne). Si un suivi vous ai recommandé, ne paniquez pas.

On sera tous d’accord là dessus : l’essentiel est que nos enfants se sentent bien. Dans le cas de Mini me nous avons estimé que toute aide était bonne à prendre. Et le résultat c’est un Mini qui progresse… avec le sourire. Un plaisir pour mon coeur de maman.

Fêter les parents plutôt que papa et maman

Et si on fêtait les parents plutôt que maman puis papa ? C’est vrai, je suis plutôt contente lorsque mon mini revient avec un petit quelque chose pour moi et j’organise chaque année ou presque un jeu de fête des mères pour mes abonnées.

Mais à dire vrai, cette fête est pour moi, à chaque fois, un moment délicat. Un jour sans doute je vous raconterai cet épisode de ma vie. Mais pas tout de suite.
Sachez seulement que si je suis aujourd’hui moi-même maman et une maman comblée, sa présence me manque.

Surtout lorsque, à l’occasion de la fête des mères, chacun étale sur les réseaux sociaux des photos et des mots d’amour pour celle qui les a mis au monde.

Alors quand la directrice de l’école de mon fils nous a expliqué que l’établissement célébrait plutôt la « fête des parents », j’ai trouvé l’idée fantastique.

Mini me a débuté sa scolarité cette année, dans une école Montessori. Mais de plus en plus d’établissements scolaires publics ou privés font ce choix. Souvent, la réalisation de cadeaux de fête des mères et/ou fête des pères est laissée à l’appréciation de chaque enseignant.

Famille monoparentale, recomposée, homoparentale, parent décédé, parti… La tradition de la fête des mères et de la fête des pères peut parfois blesser ou exclure plus d’un enfant. Certains parents ont même écrit au Président de la République pour remettre en question ces fêtes.

En Corée du Sud et aux Etats-Unis, en plus de la fête des mères et de la fête des pères, la fête des parents est déjà célébrée depuis des années. En 2012, les Nations Unis ont également proclamé le 1er juin, journée mondiale des parents.

Il y a peu, un de mes collègues nous a quitté brutalement. Il laisse un petit garçon de 10 ans. Lorsque j’ai croisé son regard à l’hommage pour son père, j’ai cru me revoir il y a des années.

J’ai entendu trop de gens dire qu’on se remet plus vite à cet âge de la perte d’un parent. Mais je sais quel effet pourront lui faire les prochaines fêtes des pères. Même lorsqu’il sera adulte, même lorsqu’il sera parent à son tour.

Alors repenser cette « tradition » ne serait peut-être pas une si mauvaise idée…

Accoucher sous hypnose à Tahiti : une maman raconte

-VOS HISTOIRES- Avant qu’une de mes collègues ne me raconte son accouchement, je n’avais jamais entendu parlé de cette technique. Et pourtant, accoucher sous hypnose, à Tahiti, c’est possible. Oubliez un instant l’image du vieux médium qui vous hypnotise avec un pendule. Pour vous, Tauhiti revient sur cette expérience.

Ma collègue a 4 enfants. Soit quatre accouchements bien différents, dont elle n’a pas toujours gardé que de bons souvenirs. « Pour les deux premiers j’ai accouché par péridurale. Pour la première ça a été très difficile parce que ça a été péridurale et ensuite forceps. J’ai eu 12 points de suture à l’intérieur et 12 à l’extérieur… Pour ma cadette ça a été une péridurale aussi mais j’ai souffert pendant 16 heures. Et comme ma cadette ne voulait pas sortir, l’infirmière est montée sur mon ventre*. J’ai eu du mal à m’en remettre. »

C’est lors de sa 3e grossesse qu’elle entend pour la première fois parler d’accouchement sous hypnose.  « C’était en 2012 et par contre à cette époque-là, il n’y avait pas encore de personnes ressources pour expliquer ce qu’était l’accouchement sous hypnose. (…) Pour mon fils, au départ, j’ai dit que je voulais accoucher sans péridurale. Sauf que lorsque je suis arrivée sur la table d’accouchement, le médecin, voyant que je peinai à pousser, a décidé de me faire une péridurale et a extrait mon fils. »

C’est finalement pour son 4e enfant que Tauhiti ira jusqu’au bout. Avec sa sage-femme, elle se prépare pendant plusieurs semaines.  « Les séances sous hypnose ce n’est pas un mec qui vient et te fait tourner une montre. C’est un état d’esprit dans lequel tu dois te placer quand tu commences à avoir des douleurs (…) La sage-femme te demande de te fabriquer une bulle, de te mettre dans l’endroit où tu te sens le plus en sécurité. Moi ça m’a pris bien 5 séances pour pouvoir me créer cette bulle dans ma tête. »

Et pour se créer cette bulle qui permet d’accéder à un état hypnotique, il faut commencer par lâcher prise. Dormir beaucoup conseille Tauhiti, « même si tu as plein de travail à la maison, il faut arriver à lâcher prise avec le quotidien, avec le travail aussi. Avec ta vie de famille aussi, que tu donnes du temps aux enfants si tu en as, à ton mari, mais qu’à un moment donné tu reposes ton corps. »

Son anesthésiste, formé à cette technique, a été prévenu de son choix d’accoucher sous hypnose. « Le jour de l’accouchement, on m’a provoquée parce que j’étais tellement zen que mon bébé ne voulait pas sortir. Moi-même quand j’avais des contractions, je ne les sentais pas. Donc le médecin a décidé de me provoquer » raconte ma collègue.

« Quand on est suivi sous hypnose, il y a des mots qui font que l’on retombe vite dans cet état de calme. L’anesthésiste a rapidement trouvé ces mots et cela m’a mis dans un état de calme. Tellement, qu’ils ont dû m’injecter deux fois le produit pour provoquer l’accouchement. »

Pas de piqûre, mais l’anesthésiste est resté à ses côtés tout le long. « Sur le monito, les contractions étaient en train de s’emballer. Je suis passée de deux doigts dans ma chambre à sept doigts en 10 minutes en marchant vers la salle d’accouchement. Parce que je me sentais bien, je n’avais pas si mal. Je suis arrivée en salle d’accouchement. J’étais debout sur la table d’accouchement. Les dames qui étaient là m’ont juste rhabillée pourque je me mette à l’aise. Ma sage-femme n’était pas là mais celles qui étaient là m’ont juste demandé comment ça allait, elles ont pris ma respiration et elles ont vu que j’étais sur le point d’accoucher parce qu’elles me voyaient rouge (…) J’étais déjà dans ma bulle. L’hypnose fonctionnait déjà depuis deux jours. »

Les sage-femmes lui demandent de s’asseoir pour prendre sa tension, puis de s’allonger. « Je me suis allongée et là j’ai dit à la sage-femme juste devant moi « tu devrais te retourner parce que mon bébé va arriver ». Et elle se retourne et pfoou j’ai réussi à faire éclater la poche des eaux. Elle a dit « comment tu as fait ça ? » J’ai dit « je ne sais pas mais tu devrais te préparer parce que mon bébé va arriver. » Et peu de temps après mon bébé est sorti. »

« L’anesthésiste aussi était là. Il me parlait pour savoir comment j’allais, vérifier comment je respirai (…) si tout fonctionnait bien. (…) Il m’a tenu la main tout le long. Je lui parlai et je savais que je pouvais rester dans ma bulle. Et ma bulle c’était le motu où je suis à Mahaena, donc un motu de chez moi où j’aime bien aller passer du temps et où j’arrive à me déconnecter du travail, de la famille, de tout. J’étais toujours là bas mais avec lui. »

« J’avais vraiment lâché prise et j’ai réussi à ce que la douleur n’en soi plus une »

Pas ou peu de douleurs pour cet accouchement naturel et surtout le plaisir de ressentir tout ce qui étaient en train de se passer dans son corps : « J’avais vraiment lâché prise et j’ai réussi à ce que la douleur n’en soi plus une. Je ne dirai pas que c’est de l’extase mais franchement j’étais contente parce que je sentais le bébé bouger. Les épaules, les mains. Je sentais pendant que j’étais sous hypnose. Quand je disais à la sage-femme de se retourner parce que bébé allait arriver, c’est parce que je sentais ses pieds pousser sur la paroi de mon utérus. Mais tout ça avec une péridurale tu ne le sens pas. Je sentais ses épaules qui essayaient de se frayer un chemin et j’ai même senti sa tête quand elle a touché la paroi de mon vagin. J’ai senti sa tête quand il sortait, ses doigts, sa main, le pied. Ce sont des choses qui vont tellement vite aussi. »

Pas de péridurale, un accouchement naturel et sans (trop) souffrir. Le rêve… Mais tout le monde n’est pas aussi réceptif que ma collègue. Selon elle, après discussion avec le personnel soignant, beaucoup de mamans auraient abandonné l’idée d’accoucher sous hypnose à la dernière minute, prises d’une peur panique d’avoir trop mal.

Mais au-delà de l’accouchement, Tauhiti insiste sur la préparation et les séances qu’elles a eu avec sa sage-femme. « Il faut sentir son bébé, l’écouter, essayer de savoir pourquoi il donne un coup-là, un là. (…) Ce sont des choses qu’on devrait apprendre aux mamans quand elles sont enceintes (…) Quand j’ai suivi les séances d’hypnose avec la sage-femme, elle me disait d’écouter mon bébé. Elle demande d’écouter son bébé, de travailler la relation (…) On dit souvent qu’on ne sent rien de son bébé mais en fait si. Si lui arrive à sentir toutes tes émotions quand il est dans ton ventre, qu’est-ce qui fait que toi tu n’arrives pas à sentir ses émotions ? C’est parce qu’en fait on n’écoute pas assez. J’ai appris avec la sage-femme qui m’a préparée à l’hypnose, à écouter mon bébé. Ce n’est pas facile, ça m’a pris plusieurs séances pour savoir de quoi elle parlait. Mais ça m’a permis d’écouter mon bébé. »

Aujourd’hui Tauhiti a une relation spéciale avec son fils. « Des fois avec mon fils on n’a pas besoin de se parler, même de se voir. Je sais qu’il a besoin de telle ou telle chose. Ce qui ne se passe pas avec mes autres enfants. Pas parce que j’avais accouché sous péridurale mais parce que je n’avais pas pris le temps de créer cette relation. »

Pour plus d’infos sur l’accouchement sous hypnose, parlez-en à votre sage-femme ou votre obstétricien.

*Cette technique, appelée expression abdominale, est interdite en France depuis 2007 car elle peut avoir des conséquences graves sur la santé du bébé et de la mère. Lire ICI

Matin, midi, soir : un planning pour l’aider à se repérer dans la journée

Mini moi a quelques soucis pour se repérer dans la journée. Quelques fois, il se réveille de la sieste et demande… le petit déjeuner 😅 Une période passagère par laquelle, a priori, passent beaucoup d’enfants. Sur les conseils d’une psychomotricienne qui le suit, j’ai lui ai fabriqué un planning. Rien qui ressemble aux agendas des adultes je vous rassure. 😂
Vous trouverez pas mal de modèles pour enfant sur le net. Aucun ne me satisfaisait, alors j’ai inventé le mien. 😊

Il te faut :
– du carton
– de la peinture
– du scratch (j’ai récupéré le mien sur une vieille paire de chaussures )
– des feutres
– du papier
– des ciseaux

Comment faire :
Découpe un rectangle dans le carton.
Peins le de la couleur de ton choix. (A faire avec ton mini toi !)
On inscrit les jours de la semaines d’un côté, Matin, Midi et soir de l’autre. Et on réalise un cadrillage.
Dans chaque carré, coller un bout de scratch côté doux
Sur une feuille de papier, dessiner un visage pour représenter votre mini (j’ai fait le mien avec des lunettes parce que Mini me en porte depuis quelques temps)
Découper le visage et coller un morceau de scratch côté dur à l’arrière.

Vous pouvez maintenant déplacer le petit visage en fonction des jours et moments de la journée. Si votre enfant pratique une activité, vous pouvez dessiner un objet qui représente cette activité et le scratcher sur le planning aussi.
N’hésitez pas à l’adapter, et partagez avec moi vos idées ! 🥰 

Yepo : « mes parents nous ont appris à vivre dans la simplicité »

-VOS HISTOIRES People- Elle a remporté le Tahiti Comedy Show en 2017 et, depuis, Yepo s’impose sur la scène polynésienne. Sur les planches, en télé, elle est partout et déborde d’énergie. Mais celle qui fait rire les Polynésiens n’a pas toujours eu une enfance facile. Yepo partage avec nous ces quelques souvenirs d’enfance :

« Avec mes parents et ma petite sœur, nous avons vécu sur une petite île appelée Ahe. Je devais avoir 2 ou 3 ans, mes parents travaillaient dans une ferme perlière et nous ne manquions de rien. Papa allait pêcher et ramenait du poisson…

Je me souviens encore des bains dans la mer au coucher du soleil… J’aimais ramasser les coquillages blancs sur le bord de la plage, sous le regard bienveillant de ma maman ❤

Les années sont passées et bien sûr est arrivé le moment d’aller à l’école. Je n’avais pas le souvenir d’avoir été séparée longtemps de mes parents. Mais ça a été le cas…

Mes parents travaillaient encore à Ahe et je suis restée avec ma grand-mère à Tahiti, jusqu’à ce que mes parents décident de revenir définitivement.

J’ai grandi dans la commune de Paea, à Aou’a et Orofero. Je n’ai pas grandi avec une cuillère en OR dans la bouche, mais je sais que mes parents se sont toujours débrouillés pour que l’on soit bien. Mon père a enchaîné les petits boulots et maman s’occupait de nous et la maison. La vie n’était pas rose tous les jours.

Nous avons connu la joie en famille bien sûr mais aussi les moments de galère… Un souvenir me revient en écrivant ce texte. Je devais être au lycée quand ça s’est passé. Mon papa avait perdu son travail et maman gardait des enfants à la maison. Elle a économisé pour acheter une pirogue à mon papa pour qu’il aille à la pêche et nous ramène du poisson et tout simplement à manger…

Quand il n’était pas à la pêche, papa laissait sa pirogue flotter au bord de l’eau accrochée sur un morceau de corail.
Un jour, la houle s’est levée d’un coup et, malheureusement, la pirogue de papa s’est cassée. Impossible de la réparer… La seule solution était d’en acheter une autre mais faute de moyen, maman ne pouvait pas se permettre d’en acheter une autre…

Les jours ont passé. Plus de pirogue, plus de moyen d’avoir à manger sur notre table. Et ce jour sombre est arrivé : plus de pain, même pas du maquereau en boîte pour manger. Ce jour-là, j’ai vu mon papa et ma maman pleurer… Plus rien dans le garde-manger si ce n’est un paquet de sucre… Mais qui va manger du sucre comme ça ? On aurait pu faire du pain avec du coco mais nous n’avions même pas de farine. Il nous restait du sucre et des goyaves sur notre arbre. Le cœur brisé de voir mes parents pleurer, je suis allée à côté de ma maman et j’ai pleuré avec elle pendant un moment puis je me suis ressaisie, j’ai regardé ma maman, et je lui ai dit : ‘On va arrêter de pleurer et on va vendre de la confiture à la goyave !’

Maman trouva la force nécessaire pour se relever et je suis allée dans la montagne pour chercher du bois, parce qu’il fallait cuire la confiture dans un récipient sur le barbecue car nous n’avions plus de gaz… J’ai réuni le maximum de bois, j’ai aidé ma maman à cueillir et éplucher les goyaves et elle a préparé la confiture au feu de bois.

Ensemble, nous avons réuni le maximum de bocaux vides pour les nettoyer. J’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée vendre les confitures de maman dans notre quartier. Nous avons eu assez d’argent pour nous payer à manger le soir même. Cette situation a duré 1 semaine et papa a retrouvé un travail.

Cette expérience m’a appris qu’il ne faut pas s’apitoyer sur son sort. Nous vivons des moments difficiles dans notre vie. L’important c’est de se relever même quand tout semble s’effondrer autour de nous.

À partir de ce jour, je me suis promis de ne plus revivre la même expérience ! Je garde un 100 Fcfp avec moi… et je ne le dépense pas ! Comme un souvenir de cette expérience…

Je retiens de mes parents leur dur labeur pour nous offrir le strict minimum : une maison, la valeur du travail, la persévérance et la force d’affronter les difficultés.

Ils nous ont appris à vivre dans la simplicité des choses. Quand d’autres avaient des disc-men, nos parents jouaient à pré-tapo avec nous. Quand les autres allaient au concert de Lorie, ils nous amenaient faire un tour en pirogue au récif… Et même s’ils ne pouvaient pas nous payer ces choses, ils nous ont créé des souvenirs que jamais je n’oublierai.

Humblement je le dis, auparavant je n’assistais pas aux concertx, mais aujourd’hui je suis sur scène et c’est une belle victoire ! Je remercie mes parents pour ces souvenirs. Ils ne sont pas parfaits mais je sais que je peux compter sur eux… « 

Le premier imagier tahitien aura une suite… et une adaptation audiovisuelle

Ok personne n’est parfait. Mais il y a quand même des gens qui sont un peu au-dessus de la moyenne, on ne va pas se le cacher. Heiura Itae-Tetaa par exemple. Cette femme fait mille choses dans sa vie. Y compris être une super maman, entendons nous bien. Animatrice TV, auto-entrepreneuse, elle est aussi récemment devenue auteure.

Heiura est à l’origine du premier imagier tahitien made in fenua. « Comme tout ce que je fais à Speak Tahiti-Paraparau Tahiti (sa start-up, NDLR) vraiment, c’est inspiré de Faimano », me dit Heiura l’air sérieux. Sa fille est son inspiration la plus grande. Heiura adore lire et depuis que Faimano sait tenir un livre, sa maman l’a abonnée à tout un tas de magazines pour enfants : « Récemment je l’ai abonnée à Pandacraft. Elle était abonnée à Babar pendant un an… Enfin tous les ans elle est abonnée à plein de choses parce que moi je ne voudrai pas que ma fille n’aime pas lire. C’est un truc qui m’a toujours obsédée et encore aujourd’hui. Et l’imagier est arrivé au moment où je me suis dit : tiens je suis contente d’acheter Babar, mais j’aimerai bien acheter des trucs locaux avec des histoires. Donc, en fait je lui ai acheté quasiment tout. Toutes les histoires des éditions qui sont spécialisées en local sur des histoires qui se passent à Tahiti. Et, je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas d’imagier. »

Heiura a donc décidé, au travers de sa start-up Speak Tahiti– Paraparau Tahiti, de créer l’imagier de ses rêves. « En fait, c’est arrivé en septembre, juste l’idée. Et je l’ai fait en deux mois. En gros, j’avais déjà l’histoire dans ma tête. C’est-à-dire que je me suis inspirée de ce que je voyais ou de ce que j’avais envie que les enfants puissent avoir comme vocabulaire. C’est pour ça que les chapitres sont vraiment des chapitres du quotidien. L’alphabet évidemment, les chiffres, les couleurs, les animaux, la famille, etc. »

Un imagier oui, mais pas seulement. Heiura a aussi enregistré des sons. Ils sont accessibles sur Internet, grâce à un Qr code inscrit dans le livre. Un imagier 2.0 quoi… En plus du vocabulaire, les enfants peuvent donc écouter la (bonne) prononciation des mots et suivre l’histoire qui leur est contée. « Les gens quand ils ont l’imagier, ils entendent les histoires : la grand-mère qui emmène les enfants au marché, le tonton qui leur apprend à dire les parties de leurs corps, des choses comme ça. Et donc on est entrés en studio, ça a duré une journée, on a tout enregistré (…) À côté de ça je me suis dit ‘c’est dommage, il n’y a pas de musique’. Donc j’ai fait appel à une amie qui est psychologue, qui est une excellente pianiste, et qui m’a créé 12 morceaux, et je n’en ai utilisé que 11. En deux mois c’était plié. »

En tout, le projet mené par Heiura a rassemblé une dizaine de personnes, de l’écriture, aux illustrations en passant par l’enregistrement des sons. Les dessins sont signés Vashee, nom d’artiste de Cédric Doom.

Un imagier qui rassemble plus de 200 mots, avec du son, de belles illustrations… Heiura aurait pu s’arrêter là. Mais non. Quatre (oui 4) autres tomes sont en préparation… Attention, spoiler ! « Il y aura 5 tomes parce qu’en fait Vai et Tama vont grandir. Dans le tome 2, Vai et Tama partent en vacances. Ce sera le prétexte pour qu’ils partent dans les îles, dans les différents archipels. À partir du tome 2, on va lire et entendre des mots des archipels : Australes, Tuamotu, Gambier, Marquises. Dans le tome 3, Vai et Tama sont encore un peu plus grands et ils vont faire leurs études. Là, ce sera le prétexte pour parler de voyages, de leurs formations. Ils vont vivre leur vie de jeunes adultes. Et ensuite, Vai et Tama reviennent au fenua, à Tahiti. Et là, la sœur et le frères Vai et Tama sont vont devenir parents donc ce sera une thématique autour de la parentalité. Et enfin, Vai et Tama, au 5e tome, sont âgés. On aura des thématiques encore personnelles autour de la mort par exemple. »

Et les personnages devraient aussi bientôt prendre vie à l’écran. Heiura et son équipe ont lancé un casting pour la réalisation d’une mini-série : « On est en train de caster les gens. On caste plusieurs profils : les deux héros principaux, Vai et Tama. On va caster des adultes aussi qui vont jouer les rôles soit du grand-père ou de la grand-mère ou de l’oncle, de la mère etc. On est en plein casting pour trouver les gens, les lieux aussi et pour un tournage qui va durer normalement 12 jours, 1 jour par épisode et c’est beaucoup beaucoup de travail qui nous attend. »

Et croyez moi, cette fille a encore plein d’idées qui ne demandent qu’à être réalisées. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Heiura !

En attendant, l’imagier est dispo en version papier mais aussi en ligne (2.0 on vous dit !) ICI

Un garage en carton et rouleaux de papier pour petites voitures

Aller, avouez, vous êtes de ceux qui ont fait un stock de papier wc à l’annonce de la crise sanitaire… Eh bien gardez les rouleaux ! Ils vont vous servir.

Je ne suis pas du genre à faire du stock de papier. Par contre je garde souvent les rouleaux en carton en vue de petits bricolages pour mini moi. Je partage aujourd’hui avec vous ma dernière réalisation (ouais, je suis fière là) : un garage pour petites voitures.

Il te faut :
– des rouleaux en carton
– des couvercles de boîtes à chaussure
– de la colle forte
– du scotch
– des ciseaux, un cuter

Crédit Ta mère la blogueuse

Comment faire :
– Colle 4 rouleaux en carton à l’intérieur d’un premier couvercle de boîte à chaussure.
– Sur un deuxième couvercle, tu peux découper une « rampe » avant de le fixer sur le haut des rouleaux du premier couvercle. Tu as un premier étage !
– Même procédé si tu souhaite un deuxième étage à ton circuit.
– Sur le dernier étage, j’ai fixé deux rouleaux supplémentaires, à l’horizontale pour faire office de garage.
– Si la colle ne suffit pas à fixer les rouleaux aux couvercles, ajoute du scotch ! Ok, pour l’esthétisme, c’est pas encore ça mais on y vient.

Crédit Ta mère la blogueuse

– Tu peux choisir de laisser mini toi décorer lui-même son garage pour le faire participer. Et si tu souhaite quelque chose d’un peu plus « fini », sors ta peinture et tes pinceaux !
– J’ai aussi ajouté un petit panneau pour donner un nom au garage.